Archive pour la catégorie 'Politique'

Une autre bébellle pour les bébelleux

Jeudi 30 octobre 2008

Rima Elkouri: Les libéraux auront beau se draper dans la vertu et les beaux discours sur la diversité comme «valeur ajoutée», c’est bien de ça qu’il est question ici: exploiter la question identitaire à des fins électoralistes. Mettre à sa façon «des bûches dans le poêle», y rajouter un peu de sirop d’érable, en prenant bien soin de cacher les patates chaudes. Ouste! la recommandation «prioritaire» de la commission Bouchard-Taylor sur la pertinence d’un livre blanc de la laïcité, par exemple. Ouste! les objectifs précis pour réduire les taux de chômage scandaleux au sein de certaines communautés. On a d’abord visé le consensuel. On a présenté une liste de voeux pieux qui rallient le plus grand nombre. Tout le monde est pour la diversité, tout le monde est contre le racisme, tout le monde s’entend sur le fait que l’immigrant doit s’adapter à la société d’accueil. Mais encore?

Unissons nos voix

Mardi 30 septembre 2008

Je n’ai pas voté pour ça…

Vendredi 23 mai 2008

Je n’ai pas voté aux dernières élections provinciales pour que l’ensemble des députés de l’Assemblée nationale vote comme un troupeau une motion pour assurer la pérennité de la présence du crucifix à l’Assemblée nationale.

Oh, c’est vrai, la dernière fois, aux élections provinciales, j’ai voté pour le Parti vert du Québec parce que je trouvais le P.Q. vraiment trop nul. Je crois que je risque encore de voter vert pour plusieurs années. Bravo les élus, on voit quel courage politique vous anime!

Contre la bêtise ambiante au Québec

Jeudi 18 octobre 2007

À lire absolument:

Groupe d’action politique des Québécois issus de l’immigration du Parti québécois, Être québécois ou faire comme tout le monde, Le Devoir.com

Une démocratie se doit de protéger ses minorités. D’où la pertinence des accommodements raisonnables. Nous tenons à dénoncer l’intolérance, voire l’intégrisme, du discours ambiant. Car la laïcité et les valeurs québécoises sont instrumentalisées, sinon pour éliminer, du moins pour diluer la diversité. Certaines personnes proposent maintenant d’exiger des immigrants la réussite d’un test de français, test que bien des Québécois peineraient à réussir. On veut imposer aux employés de l’État une tenue vestimentaire exempte de tout symbole religieux. On propose même que l’État québécois dresse une liste de valeurs séculaires que tous devraient partager… mais que seuls les immigrants devraient signer.

Forcerait-on un Québécois né ici à s’engager par écrit envers certaines valeurs? Lui demanderait-on de ne pas porter tel ou tel type de vêtement? Demander aux immigrants de le faire, c’est les confiner à être des citoyens de deuxième classe. Dans notre Québec, tous sont égaux. Chacun d’entre nous a les mêmes droits et les mêmes droits responsabilités, dont celle de comprendre la différence. Nos libertés de conscience, de religion et de culte sont garanties par les institutions démocratiques et représentatives encadrées par la Charte québécoise des droits et libertés. Elles le sont pour tous, pas seulement pour la seule majorité catholique.

Oui à la laïcité, non à l’ostracisme.

Sur le même sujet:

D’un côté, le Québec se réclame des formidables acquis de la Révolution tranquille. De l’autre, il s’accroche à son crucifix. D’un côté, on se drape dans la laïcité en disant: «Nous, madame, on s’est battus pour se sortir du joug de l’Église catholique. Il n’est pas question de revenir en arrière.» De l’autre, on considère comme un affront identitaire le fait de retirer le crucifix à l’Assemblée nationale. La logique est parfois difficile à suivre. Parce qu’on n’est plus dans la logique, justement. On est dans le symbolique, l’émotif, l’identitaire, l’ambigu. Un domaine qui se nourrit surtout de contradictions.

Rima Elkouri, La laïcité, c’est pour les autres, cyberpresse.ca

Gaza

Vendredi 15 juin 2007

Je n’ai pas vu encore d’analyses fouillées sur les évènements récents à Gaza. La plupart des analyses présentent le Hamas comme une direction politique dans laquelle n’existe pas de courants divergents, quant au contraire, une analyse plus fine devrait montrer quel courant du Hamas à poussé vers la prise de contrôle de Gaza. Et au-delà de l’orientation politique du Hamas, plusieurs ont montré que s’agissant de Gaza, il fallait une analyse fine au raz des pâquerette pour comprendre ce qui s’y passe. Car s’il est sûr que cette prise de contrôle a été longtemps préparée, il faudrait aussi comprendre quels groupes et clans à Gaza même étaient en faveur d’une telle prise de contrôle.

Comme l’ont montré de nombreux analystes, la désintégration de la société civile palestinienne et de l’appareil protoétatique à Gaza a donné naissance à une fragmentation politique et des courants maffieux qui ne sont plus contrôlés par les organisations plus traditionnelles comme celles du Hamas ou du Fatah.

Enfin, soulignons comme le fait Michel Bôle-Richard dans le Monde l’hypocrisie des puissances occidentales à propos de Gaza. C’est une situation dont ils sont en grande partie responsables en ayant fait preuve d’autant intransigeance envers le Hamas. Bien sûr, on doit aussi blâmer le Hamas qui a fait vraiment figure d’amateur au plan de la politique internationale, comme du Fatah qui n’a pas compris ce que voulait dire l’alternance du pouvoir. En fin de compte, quand ces deux organisations politiques sont plus préoccupées à s’armer que d’aider la population civile, comme le remarque Amira Haas dans Haaretz, l’avenir ne semble pas très prometteur.

À moins, comme se le demande Martin Indyk dans le Washington Post qu’il s’agisse d’une partie de poker du président de l’Autorité Palestinienne Abbas pour forcer le Hamas à « vraiment » assumer le pouvoir. En effet, ce dernier pense que si le président n’a pas agi avec plus de fermeté à Gaza, c’est que sachant la partie perdue, il a fait le calcul que le Hamas ne sera pas capable d’assurer le bien-être des populations civiles palestiniennes de Gaza, et que ces dernières verront combien le Hamas est incapable de faire la transition de mouvement politique armée à celui de gouvernement assurant tous les pouvoirs (enfin ceux dévolus par Israël qui a fait de Gaza une véritable prison) sur un territoire.

Mise-à-jour 17:55:37:

Rami G. Khouri du Daily Star (Beyrouth) n’est pas tendre envers le Fatah à qui il attribue une grande partie du blâme de concert avec les puissances occidentales. Il écrit entre autres ceci, proposition avec laquelle je suis en parfait accord:

Two things are needed to get the Palestinians out of this tragic fighting pit they have allowed themselves to fall into. The first is to acknowledge that they reached this low point through a combination of their own politics and the low-grade morality of many others. The second is for the international community to engage the Palestinians on the basis of their rights and needs, rather than only as expedient instruments of Israeli demands and American fantasies. If this doesn’t happen, what you see is what you get.

Rami G. Khouri, Palestine between delusion and destruction, dailystar.com

Un autre podcast intéressant qui vaut le détour est la dernière édition de World View produit par le New-York Times. (mp3). Le correspondant du Times en Israël note entre autres que le Fatah est encore plus fragmenté que le Hamas.

À déni, déni et demi

Samedi 7 avril 2007

(…) le PQ d’aujourd’hui constitue un drôle d’amalgame. À sa tête, un chef qui de toute évidence est le mauvais messager, mais qui tient, si on lui en donne la chance, à changer le message. Puis, un parti qui ne sait plus trop quel message il doit porter, celui du chef ou celui du programme auquel le chef n’adhère pas. Pour compliquer cette mayonnaise qui décidément semble de plus en plus difficile à faire monter, le chef doit tenir compte de l’influence disproportionnée d’une gauche aussi nationaliste que Lionel Groulx et aussi sclérosée que le Parti communiste français.

Gil Courtemanche, La quadrature du cercle, ledevoir.com

(…) on peut bien vouloir recentrer le PQ, mais il y a déjà deux partis dans le coin droit de l’arène politique québécoise, il n’est pas certain qu’il y ait beaucoup de place pour un troisième.
La solution est beaucoup plus celle que l’ex-ministre Joseph Facal évoquait, hier, dans un colloque à l’UQAM, soit de «partir des préoccupations des Québécois, et chercher ensuite à y répondre par des politiques fidèles à ses valeurs sociale-démocrates».
Or, pour faire une telle réflexion, le SPQ Libre est beaucoup plus utile à l’intérieur qu’à l’extérieur de la coalition péquiste. Lui faire porter l’odieux de la défaite – et ne pas voir le rôle qu’il pourrait jouer pour l’avenir – serait un signe de cette maladie du déni, qui menace toujours le Parti québécois.

Michel C. Auger, PQ : la recherche de boucs émissaires, cyberpresse.ca

Déjà, comme membre des «Trois mousquetaires», M. Valois avait dit à son parti quelques vérités qu’il ne voulait pas entendre : que la souveraineté ne touchait plus les jeunes. Que c’était l’objectif politique de la génération de papa, pas de leur génération à eux.

Cette fois, il va plus loin, mais parle tout aussi vrai : la souveraineté est en train de devenir «un refuge contre le changement». Que le mouvement souverainiste, qui est supposé être porteur de changement soit en voie de devenir «un mouvement de plus en plus conservateur» et même un «rempart contre le changement».

Michel C. Auger, PQ : poser les bonnes questions, cyberpresse.ca

En abime

Lundi 2 avril 2007

Whoa ! C’est l’heure de gloire !

On a vu mon blogue dans la tivi. À l’émission Les coulisses du pouvoir dans la chronique sur les blogues animée par Sophie Hélène Lebeuf.

coulissesdupouvoir.gif

Je suis schtroumpfement content ! Merci pour la mention.

La droite au Québec: Alain Dubuc et Mathieu Bock-Côté à Bazzo.tv

Vendredi 30 mars 2007

Analyses des plus intéressantes sur la droite au Québec avec Alain Dubuc et Mathieu Bock-Côté. Au-delà de l’épiphénomène, les interlocuteurs de Marie-France Bazzo replacent la droite dans une perspective historique tout en évitant les explications faciles (le vote de protestation). Intéressant point de vue sur la droite et la modernité et le retour du refoulé au Québec. C’est ce que j’ai entendu de plus pertinent jusqu’à maintenant sur les dernières élections au Québec.

Au lieu de n’écouter que l’extrait, je vous engage à télécharger toute l’émission et d’écouter l’entrevue qui débute vers 17 m 10 s après le début de l’émission.

Bazzo.tv, émission du 29 mars 2007, La droite au Québec, (wmv[extrait], mp3[toute l'émission])

L’épreuve de la réalité

Mardi 27 mars 2007

Somme toute, je suis assez content du résultat des élections. J’avais trouvé totalement surréaliste la course à la chefferie au Parti Québécois (mais non Pauline, il n’y aura aucune turbulence après le référendum). J’étais enclin à aller voter pour André Boisclair malgré son discours ampoulé, mais le fait qu’il veuille quand même tenir un référendum, même s’il se trouvait à la tête d’un gouvernement minoritaire m’a parut complètement idiot et farfelu. C’est lorsqu’il a tendu la main à Mario Dumont, en lui disant que le rapport Grenier montrerait probablement que la chimère que le dernier référendum avait été volé s’avérerait, qu’il a enfoncé le dernier clou dans le cercueil de mon intention de vote envers le PQ. Franchement, songer à lancer un peuple dans l’aventure de la séparation du Canada et la construction d’un nouvel État en n’ayant que quelques milliers de voix de majorité ne fait aucun sens à mon avis.

Par conséquent, le fait que le PQ se retrouve en troisième position l’obligera à repenser ses options et son programme politique. Ça peut aller d’un bord (SPQ-Libre) ou d’un autre (une social-démocratie moderne à la scandinave). Je n’ai pas beaucoup d’espoir. Je crois que le PQ va continuer à se durcir et devenir un groupuscule aux mains des purs et durs, les crétins qui sont pour ne pas permettre de choisir la langue de son CEGEP et qui nous farcissent des c’est à ton tour mon cher … de nous parler d’amour, et de on veut un pays, on veut pays. Continuez de gueuler pour mettre votre criss de flag du Québec à l’ONU pendant que la caravane passe et qu’on produit des illettrés à la pelletée. Il n’y a qu’à voir l’état lamentable des bibliothèques publiques et scolaires, pour se convaincre que les véritables enjeux ne sont jamais vraiment débattus.

D’autres parts, l’épreuve de la réalité sera aussi servie au Parti Libéral du Québec qui devra aussi revoir son plan de match s’il ne veut pas rester le parti qui est le moins populaire chez les Québécois francophones.

Enfin, notre petit roitelet de la démagogie devra, j’espère, être plus conséquent avec son discours et proposer autre chose que des clips de trente secondes comme politique. Il sera intéressant de voir sa députation. Sauront-ils formuler une réelle alternative, ou va t’-on les voir s’enfermer dans des déclarations fracassantes comme celles qu’on a vues pendant la dernière campagne électorale ? Est-ce que l’ADQ sera un parti de beaufs, ou un parti qui dépasse le populisme dans ce qu’il a de plus crasse. On verra bien…

Et si vous vous demandez pour qui j’ai voté, moi qui habite la République du Plateau ? Non, ce n’est pas pour le nouveau censeur de la gauche, ce cher Amir (c’est à ton tour….), mais pour le Parti Vert. J’ai trouvé que Scott McKay était celui qui avait le discours le moins pogné, tout en mettant l’accent sur ce qui aurait dû être un enjeu majeur de cette campagne, l’écologie (en plus de l’éducation, évidemment, et de tout le reste qui a été escamoté, comme la mondialisation des économies).

Nouvelles quotidiennes en baladodiffusion

Mercredi 13 décembre 2006

Voici quelques émissions quotidiennes (lundi au vendredi) en baladodiffusion que je recommande pour faire le tour de l’actualité. En fait d’émissions, on pourrait plutôt parler d’un format qui s’apparente aux bulletins de nouvelles et aux commentaires d’opinion. La durée de ces émissions est entre 3 et 15 minutes. Je trouve que c’est une bonne façon de commencer la journée, si vous êtes comme moi, intéressé par l’actualité mondiale.

La chronique d’Alexandre Adler (France Culture)

Opinion d’un observateur chevronné de la politique mondiale. M. Adler laisse tomber les évidences et essaie d’expliquer ce qu’il y a derrière des évènements internationaux.

La revue de presse européenne avec Cécile De Kervasdoué (France Culture)

Comment l’Europe voit le monde. Couvre la plupart des grands quotidiens européens à partir d’un ou deux évènements marquants récents.

Géopolitique avec Bernard Guetta (France Inter)

Dans la même veine qu’Alexandre Adler, mais un peu moins original et plus attendu. Mais en général toujours intéressant.

New York Times Washington Report (New York Times)

Excellent bulletin sur ce qui se passe à Washington. Avec un ton réservé, sans inflations, ce bulletin analyse les évènements avec acidité et sans complaisance. La diffusion est par contre irrégulière.

World Today Select (BBC)

Un bulletin d’une quinzaine de minutes produit par la BBC. Pas en tant que telle une revue de l’actualité, bien que cette dernière est présente, mais plutôt une émission qui reviendra sur des questions marquantes qui sont souvent peu couvertes par les autres médias.

Quoi, rien du Québec et du Canada ? Hé oui, l’offre en baladodiffusion concernant l’actualité est assez nulle à mon avis. On y reviendra.