Archive pour la catégorie 'Politique'

Lucien Bouchard

Jeudi 18 février 2010

Quelques articles intéressants sur les derniers propos publics de Lucien Bouchard qui a ébranlé les colonnes du temple de la doxa péquiste.

Ce qui fait mal dans cette sortie, c’est que Lucien Bouchard dit tout haut ce que bien des Québécois, y compris d’anciens souverainistes, pensent tout bas : la souveraineté, c’était un beau rêve, mais on n’y arrivera pas. Tant pis, passons à autre chose plutôt que de rester paralysés par cette obsession.

Ce que Lucien Bouchard dit, c’est qu’on ne peut pas bâtir le Québec sur un but inatteignable, que nous avons besoin d’un nouveau projet mobilisateur accessible. Faites le test dans votre entourage : combien de gens pensent exactement cela?

Vincent Marissal, Le retour de Lucide Bouchard, cyberpresse.ca

Qu’est-ce qui va le mieux préparer le Québec – souverain ou pas – de demain? Est-ce une chasse à d’hypothétiques burqas ou des finances publiques saines? Est-ce d’étendre la loi 101 à tous les dépanneurs ou un système d’éducation dont on ne décroche pas? Ce sont les questions que pose Lucien Bouchard et qui reflètent les préoccupations de bien des Québécois.

Même dans le mouvement souverainiste, il y en a plusieurs qui, comme Lucien Bouchard, s’interrogent sur la stratégie de Pauline Marois de mettre tous ses oeufs dans le panier du débat identitaire depuis qu’elle est devenue chef du PQ, et ce au point de reprendre à son compte ce qui fut, pendant un temps, le fonds de commerce de l’Action démocratique du Québec (ADQ).

Michel C. Auger, L’effet Bouchard, radio-canada.ca

La question n’est donc pas tant de savoir si M. Bouchard serait «encore» souverainiste, mais plutôt de tenter de suivre les diverses incarnations de sa véritable école de pensée politique, qui fut celle de nombreux «Canadiens français» devenus ensuite des «Québécois»: celle de l’affirmation nationale du Québec et de son autonomie.

Josée Legault, Lucien Bouchard et la «cohérence», voir.ca

Sur les élections à Montréal

Mardi 3 novembre 2009

On a dit que Projet Montréal devait se trouver un nouveau chef moins intransigeant. Et il y a eu ce détail qui tue. Dans un passage égaré d’un essai sur les Québécois au volant, publié en 2005, Bergeron penche vers certaines théories du complot à propos des événements du 11 septembre. Ce n’était qu’une hypothèse et il a fini par s’en excuser. Mais le mal était fait. Plusieurs – j’en suis – croient que ses propos controversés ont miné sa crédibilité et empêché Projet Montréal d’avoir la place qu’il méritait vraiment à l’hôtel de ville.

Alex Norris n’est évidemment pas d’accord avec moi. Il trouve que l’histoire du 11 septembre a été montée en épingle de façon injuste. Ce qui compte, plaide-t-il, c’est le jugement de Richard Bergeron en matière d’affaires municipales. «Il ne se présentait pas comme ministre des Affaires étrangères!»

Rima Elkouri, Le bon (et le moins bon) jugement, cyberpresse.ca

Pour l’instant, c’est en annonçant plusieurs mesures (dont la suspension temporaire des investissements de la Ville) que le maire a décidé de regagner la confiance des électeurs. Avec l’aide de Québec, le maire Tremblay semble aujourd’hui déterminé à nous faire oublier une éventuelle commission d’enquête publique, une idée qu’il avait pourtant appuyée durant la campagne.

Autant du côté du ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, que du maire de Montréal, on nous propose plutôt une série d’actions sensées rétablir l’ordre dans le monde municipal québécois (révision du processus d’appels d’offres, resserrement des règles d’éthique, changements dans les méthodes d’attribution de contrats, etc.). On dit vouloir mettre fin aux rumeurs de corruption et de collusion. Mais en voulant traiter le problème à la pièce, on ne s’attaque pas au fond de la question, c’est-à-dire à l’existence d’une machine bien huilée. Les Montréalais ne sont pas dupes. Ils attendent davantage.

Nathalie Collard, Répondre aux attentes, cyberpresse.ca

Il me semble que l’incapacité de Mme Harel de communiquer en anglais avec une tranche importante de l’électorat a pesé plus lourd dans la balance électorale que son ancienne appartenance politique.

À choisir entre un maire bilingue et un unilingue, les électeurs francophones d’Ottawa, par exemple, voteraient à tous les coups pour le candidat bilingue. Ils le feraient d’abord et avant tout parce que le fait d’avoir fait l’effort d’apprendre convenablement le français serait vu comme un indice probant de plus grande ouverture à leur égard par rapport à l’inverse au sujet du candidat unilingue. Pour les électeurs de langue minoritaire, le bilinguisme prime généralement sur le programme.

Chantal Hébert, La carte linguistique du vote municipal à Montréal, L’actualité.com

Josée Legault: Au-delà du voile

Mercredi 13 mai 2009

Bref, réduire le débat sur le port de signes religieux à une question d’intégration ou d’exclusion vise l’accessoire au détriment de l’essentiel. Car l’essentiel est ailleurs. Et il est politique.

Josée Legault, Au-delà du voile, Voix publique, voir.ca

Rima Elkouri: Le Québec, avenir de la France?

Lundi 30 mars 2009

Rima Elkouri: C’est en ce sens que vous dites qu’une laïcité rigide peut aboutir en fin de compte à moins de laïcité?

Jean Baubérot: Exactement. Moi, personnellement, j’estime que la liberté de l’enseignement est une liberté démocratique. Mais qu’un militantisme laïque favorise les écoles privées confessionnelles, ça me paraît paradoxal. Et ça, personne ne veut en parler en France.

Entrevue de Rimak Elkouri avec Jean Baubérot sur son livre Une laïcité interculturelle. Le Québec, avenir de la France? .

François Brousseau sur Gaza

Lundi 12 janvier 2009

[Je reproduis ici l'entièreté de l'article, car ce dernier nécessite un abonnement au Devoir. Ce n'est pas quelque chose que je fais en général, mais il me semble que ce texte est important dans le climat actuel.]

L’Autre, ce démon

François Brousseau, ledevoir.com

Ces derniers jours, dans plusieurs grandes villes du monde, on a défilé pour dénoncer l’action d’Israël à Gaza. Cette mobilisation n’est-elle que l’expression ponctuelle d’une répulsion légitime devant la souffrance de civils? Ou représente-t-elle la critique plus générale d’une «horreur» devenue synonyme de l’État juif?

On peut s’estimer choqué par ces images de Gaza et conclure à la «disproportion» de la réponse israélienne, tout en résistant aux hyperboles qui font l’équation «Israël=nazisme». Mais cette équation est apparue, ici et là, sur des pancartes dans certaines de ces manifestations, en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et ailleurs, alors que, simultanément, on brûlait l’étoile de David. C’est sans doute moins grave que de détruire des maisons de civils palestiniens avec des bébés dedans… mais cela n’en est pas moins symboliquement très violent.

On peut certainement critiquer l’invasion de Gaza sans être antisémite. Encore faut-il être au-dessus de tout soupçon. Parce qu’il est vrai qu’une fraction des protestataires, dans leurs hyperboles globalisantes, trahissent une haine intrinsèque d’Israël qui peut confiner à l’antisémitisme.

Mais on peut aussi être un critique habituel d’Israël — bien au-delà de Gaza 2008 — sans être antisémite. On peut même être «antisioniste» — donc opposé au bien-fondé d’Israël, pour des raisons historiques ou théologiques, comme certains de ces ultra-orthodoxes pour qui l’heure d’un État juif n’est pas venue — sans être antisémite.

On peut également être «antisioniste» sans pour autant vouloir, en 2009, annihiler Israël, puisque l’existence de ce pays — contestable à l’origine puisqu’elle a fait l’objet au XXe siècle, notamment entre juifs, d’un débat historique entre les «pour» et les «contre» — est aujourd’hui un état de fait, et que l’on ne peut effacer l’histoire. Et que cet État juif ainsi que ses citoyens ont des droits et des devoirs.

***

L’état de guerre et de haine — et ne nous y trompons pas, malgré l’asymétrie criante de la situation, la haine va dans les deux sens, elle n’origine pas uniquement des fanatiques du Hamas qui en sont pourtant spécialistes — tend à balayer toutes les nuances. Nuances pourtant vitales et qui, seules, peuvent asseoir les analyses et les prises de position.

Trop souvent dans cette affaire, l’Autre est soit un Léviathan maléfique à l’origine de tous les maux, soit une racaille infrahumaine que l’on finit par traiter, par exaspération, comme un essaim de moustiques malfaisants. Cette mentalité est assez répandue en Israël, où la «déshumanisation» du Palestinien, dans le discours public et privé, a fait l’objet de réflexions pénétrantes parmi les «dissidents» israéliens — Gideon Levy, Uri Avnery — que je citais la semaine dernière.

Il importe de demander à l’Israélien, les yeux dans les yeux: «Crois-tu, mais alors vraiment, au niveau des principes, que l’Arabe palestinien est un être humain totalement égal à toi, qui a droit lui aussi, ni plus ni moins que toi, à la sécurité, à la tranquillité d’esprit et à une existence nationale dans toutes ses attributions?»

Mais, dans le même temps, il faut également demander au Palestinien qui souffre et aussi — peut-être même davantage, en ces moments de tragédie et d’urgence — à ses nombreux appuis et représentations dans le monde entier, qui défilent outragés dans les rues: «Oui ou non, l’Israélien peut-il avoir de légitimes inquiétudes sur sa sécurité et son existence nationale? A-t-il lui aussi droit à la tranquillité et au bien-être, là où il est?» Répondez, il le faut…

C’est à ces conditions que les protestations du genre de celles que l’on a vues ce week-end, peuvent être crédibles et éventuellement efficaces. Sinon, elles se résument à un cri de rage impuissante, bien installé dans le confort moral et dans la complainte de l’éternelle victime. Cri de rage qui peut parfois s’accompagner de dérapages, ou de restrictions mentales que l’ennemi trouvera à bon droit suspectes.

Lorsque l’on reçoit des bombes sur la tête, on n’est pas en état de faire toutes les nuances. Mais lorsqu’on les lance soi-même, ou lorsque l’on joue les gérants d’estrade indignés, le discernement et la compréhension de l’Autre deviennent un impératif moral.

Serge Chapleau sur Gaza

Vendredi 9 janvier 2009

En tout cas, le Bye-Bye, c’était pas fort cette année

Dominique Eddé sur Gaza

Lundi 5 janvier 2009

Dominique Eddé: Que gagnent les dirigeants du Hamas en poursuivant leurs tirs de roquettes sur Israël ? Pourquoi cet acharnement à donner des coups qu’ils encaissent au centuple, en retour ? Qu’un mouvement de résistance, face à une force d’occupation, se tienne prêt à perdre des hommes pour gagner du terrain, soit. Mais quand le rapport de forces est ce qu’il est ? Quand chaque tir de roquettes est suivi d’un déluge de feu, quand l’action est aussi coûteuse en vies humaines, aussi improductive sur le plan politique, aussi impopulaire sur le plan international ? Quelle est la logique d’une telle obstination ?

(…)

Si Israël et les Etats-Unis persistent à nier l’humiliation innommable, le désespoir fou, dangereux pour tous, que génère leur politique, alors ce désespoir continuera de se répandre de pays en pays. Et, dans cette escalade, chaque jour sera un jour de trop. S’ils s’obstinent à ne pas s’interroger sur les raisons pour lesquelles un jeune lanceur de pierres, en 1987, s’est métamorphosé sept ans plus tard en bombe humaine, alors les jeunes oubliés de la vie seront de plus en plus nombreux à être candidats à la mort.

Logique de purification ethnique à Gaza: lemonde.fr

Alain Gresh sur Gaza

Mardi 30 décembre 2008

(…) rappelons cette vérité d’évidence trop souvent occultée : la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est sont maintenant occupés depuis plus de quarante ans. C’est cette occupation qui est la source de toutes les violences au Proche-Orient.

Alain Gresh: Gaza, « choc et effroi », blog.mondediplo.net

Voir aussi du même auteur, pour une autre perspective sur le Hamas, son entretien avec Khaled Mechaal.

Alain Gresh: Khaled Mechaal : « Nous voulons un Etat dans les frontières de 1967 », blog.mondediplo.net

Bravo

Mardi 4 novembre 2008

Obama est élu président!!!

Tolérance à l’israélienne

Vendredi 31 octobre 2008

AFP: Jérusalem — Les autorités musulmanes ont exprimé hier leur indignation après la décision de la Cour suprême d’Israël d’autoriser la construction d’un Musée de la tolérance entre les peuples sur le site d’un cimetière musulman à Jérusalem-Ouest.