Archive pour novembre 2009

Sur les élections à Montréal

Mardi 3 novembre 2009

On a dit que Projet Montréal devait se trouver un nouveau chef moins intransigeant. Et il y a eu ce détail qui tue. Dans un passage égaré d’un essai sur les Québécois au volant, publié en 2005, Bergeron penche vers certaines théories du complot à propos des événements du 11 septembre. Ce n’était qu’une hypothèse et il a fini par s’en excuser. Mais le mal était fait. Plusieurs – j’en suis – croient que ses propos controversés ont miné sa crédibilité et empêché Projet Montréal d’avoir la place qu’il méritait vraiment à l’hôtel de ville.

Alex Norris n’est évidemment pas d’accord avec moi. Il trouve que l’histoire du 11 septembre a été montée en épingle de façon injuste. Ce qui compte, plaide-t-il, c’est le jugement de Richard Bergeron en matière d’affaires municipales. «Il ne se présentait pas comme ministre des Affaires étrangères!»

Rima Elkouri, Le bon (et le moins bon) jugement, cyberpresse.ca

Pour l’instant, c’est en annonçant plusieurs mesures (dont la suspension temporaire des investissements de la Ville) que le maire a décidé de regagner la confiance des électeurs. Avec l’aide de Québec, le maire Tremblay semble aujourd’hui déterminé à nous faire oublier une éventuelle commission d’enquête publique, une idée qu’il avait pourtant appuyée durant la campagne.

Autant du côté du ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, que du maire de Montréal, on nous propose plutôt une série d’actions sensées rétablir l’ordre dans le monde municipal québécois (révision du processus d’appels d’offres, resserrement des règles d’éthique, changements dans les méthodes d’attribution de contrats, etc.). On dit vouloir mettre fin aux rumeurs de corruption et de collusion. Mais en voulant traiter le problème à la pièce, on ne s’attaque pas au fond de la question, c’est-à-dire à l’existence d’une machine bien huilée. Les Montréalais ne sont pas dupes. Ils attendent davantage.

Nathalie Collard, Répondre aux attentes, cyberpresse.ca

Il me semble que l’incapacité de Mme Harel de communiquer en anglais avec une tranche importante de l’électorat a pesé plus lourd dans la balance électorale que son ancienne appartenance politique.

À choisir entre un maire bilingue et un unilingue, les électeurs francophones d’Ottawa, par exemple, voteraient à tous les coups pour le candidat bilingue. Ils le feraient d’abord et avant tout parce que le fait d’avoir fait l’effort d’apprendre convenablement le français serait vu comme un indice probant de plus grande ouverture à leur égard par rapport à l’inverse au sujet du candidat unilingue. Pour les électeurs de langue minoritaire, le bilinguisme prime généralement sur le programme.

Chantal Hébert, La carte linguistique du vote municipal à Montréal, L’actualité.com